📌 Vous avez de la trésorerie excédentaire ?
Une trésorerie excédentaire est une chance. Bien gérée, elle peut générer des revenus complémentaires significatifs sans effort. Mal gérée (ou laissée sur un compte courant), elle s’érode avec l’inflation. Voici comment faire les bons choix.
Qu’est-ce que la trésorerie excédentaire d’une entreprise ?
On parle de trésorerie excédentaire lorsqu’une entreprise dispose de liquidités
supérieures à ses besoins opérationnels à court terme. Ces fonds ne sont pas nécessaires
pour financer l’activité courante, les investissements prévus ou le remboursement des dettes.
Cette situation est fréquente chez les PME et ETI rentables, notamment dans les secteurs
des services, de la distribution, des professions libérales et des holdings.
Une étude récente estime qu’environ 40 % des PME françaises disposent
d’un excédent de trésorerie non optimisé dépassant 100 000 €.
Pourquoi ne pas laisser sa trésorerie en compte courant ?
Un compte courant professionnel ne rapporte généralement rien.
Certaines banques proposent un taux symbolique de 0,1 % à 0,5 % maximum.
Face à une inflation qui a dépassé 3 % en 2023-2024, chaque euro non placé
perd réellement de la valeur.
Sur 1 000 000 € de trésorerie pendant 3 ans, le coût d’opportunité est considérable :
| Scénario | Taux | Gain sur 3 ans | Vs compte courant |
|---|---|---|---|
| Compte courant | 0 % | 0 € | — |
| Compte sur livret pro | 1,2 % | ~36 000 € | +36 000 € |
| CAT 12 mois renouvelable | 3,2 % | ~99 000 € | +99 000 € |
| SCPI Usufruit + CAT (stratégie mixte) | ~5,5 % | ~175 000 € | +175 000 € |
Comment définir sa stratégie de placement de trésorerie ?
Avant de choisir un placement, il est essentiel de répondre à ces questions :
1. Quel est l’horizon de placement ?
- Court terme (< 12 mois) : CAT court terme, compte sur livret pro
- Moyen terme (1 à 3 ans) : CAT moyen terme, fonds monétaires, début de contrat de capitalisation
- Long terme (> 3 ans) : SCPI usufruit, contrat de capitalisation, private equity
2. Quelle est la nature de l’excédent ?
- Trésorerie de précaution (réserve de sécurité) : à garder en placement liquide et sécurisé
- Trésorerie structurelle (bénéfices non distribués accumulés) : peut être placée sur le long terme
- Trésorerie issue d’une cession : stratégie spécifique (voir article 150-0 B ter)
3. Quel est le régime fiscal de votre entreprise ?
La fiscalité IS (taux normal 25 % ou réduit 15 %) détermine l’intérêt relatif
des différentes solutions. Un IS élevé valorise davantage les placements
générant des charges déductibles (SCPI usufruit).
Les meilleures stratégies de placement en 2026
Stratégie 1 : La sécurité maximale (CAT)
Pour une entreprise qui recherche la sécurité et qui peut immobiliser
des fonds pendant 6 à 24 mois, le compte à terme professionnel
est une solution adaptée. Taux jusqu’à 3,5 % brut, capital garanti par l’établissement
(dans la limite de la garantie des dépôts), mise en place rapide.
Stratégie 2 : Le rendement optimisé (SCPI usufruit)
Pour une entreprise disposant d’une trésorerie stable sur 3 à 10 ans,
l’usufruit temporaire de parts de SCPI vise une distribution de l’ordre de
5 à 7 %/an (non garantie), avec un avantage fiscal grâce à l’amortissement de l’usufruit.
À réserver aux entreprises à fort IS et pouvant immobiliser ces fonds : la SCPI comporte un
risque de perte en capital et une absence de liquidité, et le capital de l’usufruit n’est pas
récupéré à l’échéance.
Stratégie 3 : La diversification (CAT + SCPI + Contrat capi.)
La stratégie la plus répandue chez nos clients consiste à combiner :
- 30-40 % en CAT : trésorerie de précaution liquide à 1 an
- 30-40 % en SCPI usufruit : rendement optimisé sur 5 ans
- 20-30 % en contrat de capitalisation : diversification long terme
📊 Exemple : 1 000 000 € de trésorerie excédentaire
Allocation recommandée :
• 400 000 € en CAT 12 mois à 3,20 % → 12 800 €/an (net IS ~9 600 €)
• 400 000 € en SCPI usufruit 5 ans (distribution ~5,80 % non garantie) → ~23 200 €/an de loyers + économie d’IS via amortissement — capital non récupéré au terme
• 200 000 € en contrat de capitalisation → performance variable, non garantie sur la part en UC
Rendement global cible : de l’ordre de 4 à 4,5 % net d’IS
Objectif indicatif, non garanti (hors compte à terme, le capital n’est pas garanti), à comparer à 0 % sur compte courant.
Les erreurs à éviter
- Tout mettre en CAT long terme sans anticiper les besoins de liquidité : gardez toujours une réserve facilement mobilisable
- Ne pas consulter son expert-comptable : certains placements ont des implications comptables importantes (SCPI usufruit, contrat de capitalisation)
- Se fier uniquement aux offres de sa banque principale : les meilleures offres sont souvent chez des établissements alternatifs, accessibles via un courtier indépendant
- Investir dans des placements trop risqués : la trésorerie d’entreprise n’est pas un patrimoine personnel, elle doit rester disponible pour l’activité
- Négliger la dimension fiscale : sans optimisation, jusqu’à 25 % des revenus partent en IS inutilement
Questions fréquentes
Un CAT est accessible dès 5 000 €. Pour une stratégie diversifiée pertinente, il est recommandé de disposer d’au moins 100 000 € de trésorerie excédentaire stable. En dessous, les frais et la complexité réduisent l’intérêt des solutions sophistiquées.
Non. La trésorerie de l’entreprise appartient à la société, pas au dirigeant. La placer à titre personnel constituerait un abus de biens sociaux. Les placements doivent être réalisés au nom de la société. En revanche, le dirigeant peut se verser des dividendes ou une rémunération pour investir personnellement.
Les placements de trésorerie d’entreprise sont une pratique normale et légale. Il suffit que la décision soit documentée (procès-verbal de décision du gérant ou des associés), que les fonds proviennent bien de la trésorerie de la société, et que le placement figure correctement dans la comptabilité. Votre expert-comptable peut vous accompagner.
Information à caractère général ne constituant pas un conseil en investissement personnalisé. Les taux, gains et projections cités sont des illustrations, non des performances garanties ; les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Hors compte à terme, les placements évoqués (SCPI en usufruit, contrat de capitalisation en unités de compte) comportent un risque de perte en capital et, pour certains, une absence de liquidité ; les revenus ne sont pas garantis et le capital de l’usufruit n’est pas récupéré à l’échéance. Conseil réalisé par un cabinet indépendant, Conseiller en Investissements Financiers (CIF) inscrit à l’ORIAS et membre d’une association agréée par l’AMF.