📌 L’essentiel
Réduire l’IS de votre entreprise passe par des placements générant des charges déductibles (SCPI usufruit, PEE, amortissements), par le report de la taxation (contrat de capitalisation) et par des dispositifs spécifiques (mécénat, 150-0 B ter). Chaque euro d’IS économisé est un euro de rendement supplémentaire. Découvrez nos 7 stratégies les plus efficaces en 2026.
Comprendre le levier de l’économie d’IS
Pour une entreprise soumise à l’IS au taux normal (25 %), chaque euro de charge déductible
supplémentaire représente 25 centimes d’IS en moins. Sur 100 000 € de charges additionnelles,
c’est 25 000 € d’économie fiscale. Pour les PME éligibles au taux réduit (15 % sur
les premiers 42 500 €), le levier est moindre mais reste significatif.
Toutes les charges ne sont pas égales. Certaines sont sans contrepartie (impôts, taxes),
d’autres financent du patrimoine, des actifs productifs ou des placements rentables. L’optimisation
consiste à privilégier les charges « productives » qui réduisent l’IS tout en générant un retour.
Stratégie 1 : SCPI en usufruit temporaire (amortissement)
C’est la stratégie n°1 en termes de levier fiscal. L’achat d’un usufruit temporaire de SCPI par
l’entreprise permet :
- De percevoir des loyers pendant la durée de l’usufruit (5 à 10 ans)
- D’amortir l’usufruit linéairement sur sa durée, créant une charge déductible
- De bénéficier d’un rendement net très élevé après IS (voir notre article dédié)
💡 Impact chiffré
Usufruit SCPI 5 ans, 200 000 € → amortissement 40 000 €/an → économie IS 10 000 €/an
Sur 5 ans : 50 000 € d’économie IS cumulée + les loyers perçus nets.
Stratégie 2 : contrat de capitalisation (effet tunnel fiscal)
Un contrat de capitalisation en entreprise bénéficie d’une fiscalité particulière (238 septies E CGI) :
seule une fraction forfaitaire des gains (basée sur le TME) est taxée annuellement. Le reste
s’accumule en franchise d’IS jusqu’à un éventuel rachat.
Conséquence : une trésorerie placée en contrat capi capitalise à rendement brut pendant de nombreuses
années, avec une taxation annuelle très inférieure à ce qu’elle serait pour des revenus financiers
classiques.
Stratégie 3 : investissements amortissables
Investir dans des immobilisations amortissables crée des charges d’amortissement
déductibles sur plusieurs années. Le matériel informatique, véhicules professionnels, mobilier,
équipements, logiciels, travaux d’amélioration… génèrent des dotations aux amortissements qui
réduisent mécaniquement l’IS.
Attention : ces investissements doivent avoir une réelle utilité économique.
Acheter pour acheter est une erreur.
Stratégie 4 : PEE et PERCO (épargne salariale)
L’abondement employeur versé sur un Plan d’Épargne Entreprise (PEE) ou un
PERCO/PER Collectif est intégralement déductible du résultat de l’entreprise.
En plus de l’économie d’IS, l’abondement est exonéré de charges sociales (sauf CSG/CRDS)
et exonéré d’IR à la sortie sous conditions.
💡 Double avantage
• Entreprise : 5 000 € d’abondement → 1 250 € d’économie IS → coût net 3 750 €
• Bénéficiaires (dirigeant, salariés) : 5 000 € sur leur PEE/PER
→ Optimisation gagnant-gagnant, souvent sous-utilisée.
Stratégie 5 : provisions déductibles
Certaines provisions sont déductibles de l’IS si elles respectent les conditions du CGI :
- Provision pour dépréciation des stocks (valeur de marché inférieure au coût)
- Provision pour dépréciation des créances douteuses
- Provision pour litiges (risque juridique identifié et chiffrable)
- Provision pour grosses réparations (plan pluriannuel justifié)
Bien gérées, ces provisions permettent de lisser le résultat fiscal d’une année
à l’autre. Elles doivent être justifiées et documentées pour être admises en cas de contrôle.
Stratégie 6 : mécénat d’entreprise
Le mécénat consiste pour l’entreprise à faire un don à un organisme d’intérêt général
(association, fondation). Le dispositif offre une réduction d’impôt de 60 % du montant
du don (ou 40 % au-delà de 2 M€), dans la limite de 20 000 € ou 5 ‰ du chiffre d’affaires.
💡 Exemple
Don de 10 000 € à une fondation reconnue d’utilité publique.
Réduction d’IS : 10 000 × 60 % = 6 000 €
→ Coût net pour l’entreprise : 4 000 € (pour un don de 10 000 € valeur faciale)
Double bénéfice : fiscal + image RSE.
Stratégie 7 : apport-cession et 150-0 B ter
Pour les dirigeants cédant leur entreprise, le mécanisme d’apport-cession (article 150-0 B ter)
permet de reporter l’imposition de la plus-value de cession en apportant les titres
à une holding contrôlée. Ce n’est pas une réduction d’IS mais un différé, qui peut
durer indéfiniment et même devenir définitif en cas de décès du cédant.
Voir notre article dédié pour le mécanisme complet.
Les stratégies à éviter
⚠️ Pièges et faux bons plans
- Montages « défiscalisation Girardin » non encadrés : souvent risqués, à manier avec précaution et uniquement via des acteurs sérieux
- Abus de biens sociaux : utiliser la trésorerie de l’entreprise à des fins personnelles est illégal et durement sanctionné
- Factures fictives / charges non justifiées : risque majeur de redressement + pénalités
- Sur-évaluation d’actifs pour amortir plus : acte anormal de gestion
La stratégie intégrée : combiner les leviers
Les plus belles optimisations combinent plusieurs leviers de manière cohérente :
- SCPI usufruit → charges d’amortissement annuelles
- Contrat de capitalisation → capitalisation différée
- PEE / PER → épargne salariale déductible
- Mécénat → image + fiscalité
- Holding patrimoniale → régime mère-fille quasi-exonéré sur remontée de dividendes
Une entreprise rentable peut ainsi réduire son IS effectif de 25 % à 10-15 %
en combinant ces outils, sans aucune acrobatie fiscale agressive. C’est de l’optimisation,
pas de l’évasion.
Questions fréquentes
Il n’y a pas de plafond théorique, mais il y a une logique économique. Une entreprise doit conserver un niveau de rentabilité positif pour rester viable, honorer ses dettes et financer ses investissements. Réduire l’IS à 0 chaque année par des charges artificielles serait contre-productif et attirerait l’attention du fisc.
Oui, absolument. L’optimisation fiscale (utilisation intelligente des règles en vigueur) est légale. Elle est à distinguer de la fraude fiscale (non-respect des règles) et de l’évasion fiscale agressive (abus de droit, montages artificiels). Toutes les stratégies présentées ici sont strictement légales quand correctement mises en œuvre.
L’expert-comptable gère la comptabilité et la déclaration fiscale, mais n’est généralement pas spécialiste en stratégie de placement et d’optimisation patrimoniale. Un travail en binôme avec un conseil en gestion de patrimoine (comme notre cabinet) est souvent optimal : le CGP identifie les opportunités, l’expert-comptable les met en œuvre comptablement.
Principalement aux sociétés soumises à l’IS (SAS, SARL, SA, SCI à l’IS…). Les entreprises à l’IR (EI, SARL IR, certaines SCI) ont d’autres leviers d’optimisation, plus orientés IR personnel du dirigeant. Dans tous les cas, un audit personnalisé est nécessaire pour identifier les meilleures stratégies adaptées à votre situation.